Freelance, Future of work

Comment mon expérience de nomade digital a-t-elle changé ma perception du travail ?

Written by Pierre Zorbo

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Deux années en cohabitation avec le COVID-19, c’est long, très long. Nos relations sociales et professionnelles ont dû s’adapter à ce virus et on peut dire que ça n’a pas toujours été simple !

Il a d’ailleurs bouleversé le paysage professionnel : télétravail complet, chômage économique, licenciement, nouvelle manière de travailler, … En 2022, chez DHS Digital, nous avons opté pour le « remote first » : plus de bureau fixe et une flexibilité géographique totale. Évoluant dans la publicité sur les réseaux sociaux, ma seule et unique contrainte est d’avoir une bonne connexion internet. Plutôt cool comme contrainte, même si elle peut parfois représenter un challenge (spoil alert !).

En février dernier, j’ai donc décidé de sortir de ma zone de confort afin de vivre ma première expérience en tant que digital nomade. Je m’apprêtais à m’envoler vers le Portugal pour y passer deux semaines à Porto et deux semaines à Lisbonne.

Avant d’entamer ce voyage, voici les quatre questions que je me suis posées :

Pourquoi ai-je envie de vivre cette expérience de digital nomade ?

Le « pourquoi » est le moteur de ce genre d’initiative et il est primordial de bien le définir. Personnellement, ces mois de confinement m’ont permis de repenser mes priorités. J’ai décidé d’investir davantage en moi en intégrant mon job au sein de ma vie, et non plus l’inverse. Et ça change tout ! Dans une société où l’hyper-performance nous qualifie en tant que personne, j’avais la profonde conviction qu’un mode de vie alternatif était possible.

Où vais-je me rendre ?

Après avoir mis des mots sur ces motivations, je pouvais me pencher sur la destination idéale pour moi. Ce n’est pas le choix qui manque, pas toujours facile de faire le bon !

Pour ma part, le Portugal s’est avéré être le meilleur choix car il réunissait tout ce que je recherchais :

  • Le soleil. Avec une météo capricieuse en février à Bruxelles, on peut dire que les 20 degrés annoncés n’étaient pas accessoires.
  • Le coût de la vie. La dimension financière n’est pas quelque chose qu’il faut négliger lorsque l’on voyage durant plusieurs semaines. Je recommande d’estimer au mieux le coût du voyage pour éviter les mauvaises surprises.
  • Des milliers de digital nomades. Le Portugal fait partie des destinations phares pour eux. Pour vivre pleinement cette expérience, il me paraissait important de les rejoindre. Enrichissement humain et culturel garanti.
  • Un acteur du logement expert dans le nomadisme. J’ai choisi les hébergements « Selina » pour réaliser cette expérience. Ceux-ci possèdent de nombreuses auberges de jeunesse au travers du pays ce qui a simplifié mon voyage : un seul point de contact, deux logements. J’ai vraiment été séduit par le concept qui mixe les espaces détentes et les espaces de travail. Pas toujours facile de trouver un coworking sérieux et un WI-FI stable.

Est-il possible de travailler loin de chez soi ?

Non, travailler depuis l’étranger n’est pas synonyme de vacances. Améliorer son cadre de vie c’est changer ses habitudes et c’est adopter une certaine rigueur. Travailler loin de chez soi peut donc représenter un challenge dans la qualité de son travail et peut rapidement avoir un effet pervers. Ce mode de vie peut servir d’argumentaire aux mauvaises langues pour justifier une erreur ou de mauvaises performances. La marge d’erreur est donc réduite, soyez-en conscient !

On sous-estime trop souvent l’importance de notre lieu de travail et des ondes qui s’en dégagent. Me concernant, travailler en plein air sous 22 degrés a été extrêmement bénéfique : augmentation du bien-être au travail, augmentation de la productivité, diminution du stress et un meilleur équilibre boulot- vie perso.

Vais-je me sentir seul en tant que digital nomade ?

Voyager seul ça n’arrive pas tous les jours et ça peut représenter une source d’angoisse.

Au Portugal, j’ai pu échanger avec des dizaines de personnes qui, elles aussi, ont décidé de reprendre les rênes de leurs vies. Je n’étais donc pas seul dans ma démarche ! Peu importe l’âge de ces personnes, leurs sexes, leurs origines ou religions, ils avaient tous la même envie : s’offrir un meilleur cadre de vie et l’autonomie nécessaire à leur épanouissement personnel. Nous avons passé de véritables moments humains ce qui m’a permis de profiter davantage de cette expérience.

En revanche, le fait que je ne passe que deux semaines dans chacune des villes ne m’a pas permis de trouver une stabilité dans mes relations. Deux semaines ça passe très vite et chacun a sa propre feuille de route. Il m’est arrivé de sympathiser avec d’autres nomades mais de les voir quitter la ville quatre jours plus tard. Il faut donc constamment aller vers les autres et ne pas hésiter à discuter via les groupes Facebook dédiés ou les nombreux sites qui rendent ces échanges possibles. C’est donc très enrichissant mais ça demande un certain investissement personnel.

Et maintenant, est-ce que j’oserai retenter l’expérience ?

Au final, cette première expérience en tant que digital nomade a réellement changé ma perception du travail. À mon retour en Belgique, je pouvais affirmer que j’avais relevé ce challenge : concilier ce qu’est réellement la vie et mon activité professionnelle. Durant mes journées de travail, j’avais la liberté de travailler depuis différents espaces avec, chacun, leur propre énergie. Après celles-ci, j’avais tout le loisir de profiter des richesses que pouvaient offrir Porto et Lisbonne. Dit comme ça, ça paraît basique, simple. En réalité, je n’avais jamais autant lâché prise. Je suis plutôt fier d’avoir pu garder cette vision en Belgique et j’ai bien l’intention de renouveler l’expérience au cours de cette année.

Je ne peux que recommander le digital nomadisme aux travailleurs qui veulent tenter l’expérience mais qui n’ont pas encore eu l’occasion de le faire. Vous l’aurez compris, sortir de sa zone de confort n’est pas chose facile mais on en retire tant de bénéfices. C’est la garantie d’ouvrir son esprit au monde et de replacer son « moi » au centre des priorités. Et si le travailleur de demain était libre ?

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